Mercredi 31 octobre, jour de conseil des ministres. Mais pour la seconde fois de l'ère Sarkozy, il ne se déroule pas à Paris, mais en province, cette fois à Ajaccio. Un périmètre de sécurité considérable a été mis en place, et 1500 gendarmes déployés autour de la préfecture d'Ajaccio-soit un gendarme tous les 5 mètres, du jamais vu!-, si bien que la ville avait des allures de camp retranché. A l'ordre du jour de ce conseil des ministres: le bilan du Grenelle de l'environnement, et le développement économique de la Corse. Mais la question que tout le monde se pose est la suivante: combien coute un tel dispositif? Le gouvernement se refuse bien entendu à tout commentaire. Mais que c'est cher de choyer ses électeurs (la Corse a voté à 60% pour Sarkozy), car c'est bien le seul objectif de ces conseils des ministres décentralisés. Encore une formidable opération de comunication, pour un cout exhorbitant si l'on prend en compte tous les frais des ministres ( transport, hotels...) mais aussi et surtout le cout écologique d'un tel déplacement, qui selon le porte parole de l'Elysée, David Martinon, va etre compensé par la plantation d'arbres au Mexique! Dans un contexte où la prudence et la rigueur budgétaire devraient etre de mise, Nicolas Sarkozy préfere plutot creuser encore un peu plus le déficit de l'Etat, o combien déja élévé. Mais pour Nicolas Sarkozy, choyer ses plus fidèles électeurs - à savoir les patrons et la classe dominante de la société- est beaucoup plus important que l'état des comptes publics. Il a d'abord commencé par leur faire un véritable cadeau de 15 milliards d'euros, a ensuite fait illusion de mieux réglementer les stocks-options, et pour couronner le tout, il s'offre des déplacements en province, pour cajoler ses fidèles sujets, auxquels il consacre toute sa politique. Car il est vrai que Strasbourg et la Corse sont très à droite. On comprend mieux dès lors la raison de ces agissements. Mais pourquoi? Le but est très certainement de garder les vrais électeurs, ceux sur qui il pourra toujours compter. Car au vu de l'effritement de sa cote de popularité (-4 points en septembre, et moins 11 points sur la période aout-septembre), Nicolas Sarkozy a tout intéret à flater au maximum les électeurs qui lui font encore confiance - peut etre plus pour longtemps-, et les dissuader ainsi d'aller voir ailleurs! En effet, depuis Juin, la popularité du président et à fortiori celle de François Fillon ne cesse de s'éffriter. Déclin annoncé? Oui, car les français se rendent compte petit à petit, que le changement qu'on leur avait annoncé n'est pas celui qui est en train de se faire. Les français commencent -tout doucement mais surement- à se rendre compte pour qui ils ont vraiment voté. Et enfin, le passage de réformes impopulaires (franchises médicales...) ne fait qu'accélérer ce processus. En tout cas fin mot de l'histoire, sachez qu'il n'est jamais trop tard pour changer d'avis, les élections municipales arrivent, et c'est à ce moment là, qu'il faudra ou non montrer votre approbation au rouleau compresseur Sarkozy, bien décidé à tout casser dans ce pays.